6. Recyclage

Dans son rapport 2012, l’USGS ne produit pas de données sur la quantité d’indium secondaire récupéré à partir de déchets ultimes car elles n’étaient pas disponibles. Comme la plupart des métaux rares, le taux de recyclage de l’indium contenu dans les appareils en fin de vie est inférieur à 1%, cependant, dans les couches ITO sur les écrans LCD, il est supérieur à 25% [[UNEP (2011). Recycling Rates of Metal – A Status Report, A Report of the Working Group on the Global Metal Flows to the International Resource Panel. Graedel T.E., Allwood J., Birat J.-P., Reck B.K., Sibley S. F., Sonnemann G., Buchert M., Hagelüken, C. UNEP, 48p]]. En effet, ce processus est très peu efficient puisque seulement 30% du matériau ITO engagé se retrouve finalement sur l’écran [[Tolcin (2012). USGS Mineral Commodity Summaries – Indium. http://minerals.usgs.gov/minerals/pubs/commodity/indium/mcs-2012-indiu.pdf (dernière consultation le 25/09/2012)]]. Autrefois jetés, les 70% perdus font aujourd’hui l’objet d’un recyclage attentif depuis la pénurie causée par l’arrivée de la technologie LCD sur le marché en 2003. Les principaux acteurs du recyclage de l’ITO sont les pays pratiquant cette technique dans le cadre de la fabrication d’écrans LCD (Chine, Japon et Corée du Sud). Cependant, le recyclage de l’ITO est une activité polluante [[Bihouix P., de Guillebon B. (2010). Quel futur pour les métaux ? Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société. EDP Sciences]].

A partir de 2003, face à l’explosion de la demande en indium suite à l’émergence de la technologie d’écrans LCD, le recyclage s’organise. Une étude estimait alors qu’environ 50% de la consommation d’ITO était issue du recyclage. Cependant, cette estimation globale est contrastée : le Japon et les pays asiatiques semblent être en avance [[George M.W. (2003). USGS Mineral Yearbook – Indium]]. En 2005, le Japon enregistrait un taux de 50 à 60% de la production d’oxyde d’étain et d’indium (ITO) provenant d’indium secondaire, 10% à partir du recyclage d’écrans LCD [[George M.W. (2005). USGS Mineral Commodity Summaries – Indium ]]. L’indium primaire est issu de l’exploitation minière de minerai (principalement de zinc), l’indium secondaire est issu du recyclage ; on distingue le recyclage « new scrap » effectué dans le processus de mise en œuvre de l’indium dans une filière industrielle (couche ITO des écrans LCD par exemple) et le recyclage « old scrap » effectué à partir des déchets ultimes d’équipements électroniques (écrans LCD, téléphones portables, smartphones, tablettes,…). Des différents rapports et articles que nous avons parcouru, il apparaît qu’à ce jour, le recyclage « new scrap » de l’indium ait largement pris le pas sur le recyclage « old scrap » pratiquement inexistant.

Un fabricant d’écrans LCD a développé un procédé pour récupérer l’indium à partir des déchets d’écrans LCD. De nombreuses publications scientifiques sur le sujet montrent l’intérêt de recycler ces déchets longtemps considérés non rentables vu la faible quantité d’indium dans un écran. Un rapport fait état d’environ 39 mg d’indium dans un écran d’ordinateur portable de 15,4 pouces [[Prakash, 2011 cité dans Öko-Institut e.V. (2012). Recycling critical raw materials from waste electronic equipment. Commissioned by the North Rhine-Westphalia State Agency for Nature, Environment and Consumer Protection]]. Ce même rapport estime qu’une filière de recyclage de dispositifs d’affichage LCD pourrait retirer en moyenne 174 g d’indium par tonne de déchets d’écrans LCD.


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