Agir sur le Matériel : usage et achats

Au niveau des aspects matériels, il est également possible d’agir suivant plusieurs axes en gardant en tête les idées fondamentales de sobriété, partage, réutilisation et “ne pas consommer”. Les différentes analyses de cycle de vie portant sur les objets numériques ont clairement démontré que la phase ayant le plus d’impact n’est pas la phase d’usage de nos objets numériques mais plutôt les phases de conception et de fabrication, le transport et leur transformation en déchets finaux. Il est donc absolument central d’agir sur les axes suivants au niveau matériel :

  • Éviter de consommer du nouveau matériel. La fabrication reste une des phase les plus impactantes en terme de consommation de matières premières, de ressources non renouvelables, de consommation d’énergie et de pollutions chimiques des sols et de l’eau. Le geste éco responsable le plus efficace sera donc celui de ne pas acheter de nouveau matériel mais de réparer ou faire vivre le plus longtemps possible les matériels déjà en fonctionnement.
  • Faire durer le plus longtemps possible le matériel acquis :
    • il est a priori plus pertinent de prendre une machine haut de gamme pour garantir sa durabilité qu’une machine à faible coût financier dont la durabilité, tant physique qu’en termes de caractéristiques matérielles, pour utiliser des logiciels sur le long terme ne sera pas garantie,
    • Faire Réparer son matériel quand c’est possible,
    • Agir sur des aspects spécifiques de son matériel pour le rendre plus pérenne : par exemple, utiliser un SSD à la place de son disque mécanique ou augmenter la mémoire d’une machine restera environnementalement moins impactant que l’achat d’un nouveau matériel, le recyclage circulaire de l’ancienne machine n’étant pas à l’heure actuelle parfait ni sans énergie. Cela est d’ailleurs également vrai pour des produits plus “simples” comme le plastique, d’ailleurs,
  • Utiliser du matériel partagé (imprimante, serveurs) à des échelles locales, régionales ou nationales en fonction de la pertinence environnementale de ce choix. Il est très difficile de donner une réponse absolue sur le niveau de mutualisation à adopter. Il est par contre fondamental de se poser ces questions et de l’échelle de mutualisation pertinente en fonction de ses usages. Une imprimante mutualisé à l’échelle nationale ne sera pas très utile, et un serveur de mail dans chaque équipe non plus.

 

  • Lorsqu’il est nécessaire d’acheter, faire le choix de constructeurs éthiques (mais ils sont très peu nombreux voire ….), respectant les normes environnementales. Choisir le matériel ayant les normes techniques et humaines les plus strictes possibles.
  • Lors des achats, favoriser les marchés publics comme MatInfo, où EcoInfo a travaillé pour vous en introduisant 15% de critères éco-responsables dans la mise en place du marché. En dehors des achats au sein de l’ESR (Enseignement Supérieur et Recherche), se renseigner sur les positions éthiques et environnementales du fabricant. Tenir compte également de l’Indice de Réparabilité qui est entré en vigueur au 1er janvier 2021. et dont l’affichage sur la fiche produit est obligatoire en magasin comme sur les boutiques en ligne.
  • Privilégier l’achat de matériel d’occasion

 

  • Enfin, il est possible (voire recommandé) d’utiliser des alternatives logicielles moins gourmandes (Le monde Linux offre de nombreuses distributions très légères telles que Puppy Linux ou BodhiLinux par exemple qui permettent de faire fonctionner de manière très satisfaisante des configurations ayant de faibles ressources matérielles) sur son matériel plus ancien (ou pas d’ailleurs, car les recommandations de l’état restent d’utiliser les outils logiciels ouverts)

En savoir plus sur les aspects matériels :

Vous trouverez ici quelques liens bien entendu non exhaustifs pour démarrer l’exploration des différents points critiques autour des aspects matériels allant de l’extraction des matériaux à la fabrication et l’usage des outils numériques.