Quelle est notre propre empreinte carbone ?

Nous proposons ici de chiffrer le bilan carbone de l’ensemble de l’ensemble des services fournis par EcoInfo. Le résultat obtenu doit être considéré comme un ordre de grandeur. L’objet de ce document est de décrire la méthodologie, les sources des données utilisées pour établir ce bilan CO2 sur l’année 2018. Ce document ne vise pas à chiffrer précisément telle ou telle action spécifique de EcoInfo, ce qui n’aurait d’intérêt que si on pouvait mettre ce chiffrage en regard des émissions de gaz à effet de serre évités par les personnes qui utilisent nos services … un exercice qui sera intéressant à effectuer dans un second temps. Par ailleurs, il nous paraîtrait essentiel d’avoir des données sur d’autres indicateurs, par exemple en matériaux. Nous ferons une proposition sur ce point ultérieurement.

Méthodologie

Contexte

Le GDS EcoInfo au cours de l’année 2018 a fourni des services de type audits de datacentre, actions de médiation/information/sensibilisation, organisation de conférence, actions spécifiques d’expertise dans le cadre du groupement d’achat matinfo et dans le cadre des actions autours des déchets électroniques, mise en ligne d’informations, etc. EcoInfo est composé d’une trentaine de membres actifs, répartis sur le territoire français, avec des implications en général assez faibles en terme de temps ; le temps total d’implication était de 2 “équivalents temps plein” pour 2018.

Périmètre

Sont inclus dans le calcul du bilan carbone :

  • Les trajets domicile-travail
  • Les trajets correspondant à des déplacements professionnels dans le cadre des services EcoInfo
  • L’utilisation des outils numériques, incluant la visioconférence lorsqu’une salle spécifique a été utilisée
  • La fabrication et le transport des équipements terminaux utilisés dans le cadre de EcoInfo (sauf des équipements de visio conférence)

Sont exclus de ce bilan :

  • Les infrastructures (bâtiments etc.), l’ensemble des émissions de CO2 de l’environnement direct de travail des membres du GDS EcoInfo (de leur propres structures) [par manque de données]
  • La fabrication des moyens de transport ( bus, avion, train etc.) [par manque de données]
  • Les émissions de GES liées au recyclage des équipements informatiques [par manque de données]
  • Les émissions de GES générés par les déplacements ou l’utilisation d’internet des participants à nos conférences [par manque de données]
  • Les impressions papier parce que elles sont négligeables
  • Les émissions de GES générés par le serveur web [en cours d’investigation]
  • Les repas pris dans le cadre de l’activité professionnelle des membres de EcoInfo [nous faisons l’hypothèse qu’ils ne sont pas significativement différents des repas pris dans le cadre personnel]

Incertitudes

Il n’est pas possible de chiffrer globalement les valeurs d’incertitudes. Certaines sources les donnent, d’autres non. Cependant, il est important de relever que ces incertitudes sont importantes, elles varient entre 20 % (RER/METRO) à 70% (Véhicule électrique) d’après la base ADEME. Nous n’avons pas trouvé de valeurs pour les vols aériens. Concernant les facteurs d’impact liés à la fabrication des équipements électroniques, ils sont compris entre 50 et 100% selon les modèles.

Recueil des données

Les données concernant
les trajets annualisés domicile-travail (km annuel, modes de transport et répartition éventuelle, consommation et type de carburant du véhicule le cas échéant) ,
les équipements informatiques utilisés par les membres de EcoInfo (type) et leur durée totale d’utilisation prévisionnelle (en année),
• l’utilisation de systèmes de visio-conférence (en heures sur 2018),
• le temps de travail consacré à EcoInfo (en %)
sont issues d’une enquête exhaustive auprès de tous les membres actifs de EcoInfo.

Les données concernant les déplacements professionnels sont pour l’essentiel issues de la base de données des déplacements, extraite par le service achat du CNRS.

Les facteurs d’impact sont issus de :

• Pour les émissions CO2/km.passager en TGV, TER, RER, BUS, TRAM : de la base bilan carbone de l’ADEME :

  • TGV : 3,69E-3 kgCO2e/passager.km
  • TER 8,91E-3 kgCO2e/passager.km
  • VOITURE ELECTRIQUE 0,103 kgC02e/km électrique
  • RER/METRO 5,70e-3 kgC02e/passager.km
  • AUTOBUS 0,182kgCO2e/passager.km
  • BUS 0,0743 kgC02/passager.km
  • MOTO 0,238 kgC02/km
  • TRAMWAY 6,81e-3 kgC02/passager.km

Remarque : pour l’autobus, le choix a été fait de prendre l’évaluation la plus haute ; pour le vélo électrique nous n’avons pas trouvé de données donc nous avons considéré que c’était négligeable (cela représente seulement 200 kms).

• Pour l’avion, nous avons utilisé l’éco-calculateur

• Pour les émissions CO2/km en voiture thermique : nous avons utilisé le calculateur belge qui permet de calculer les émissions de CO2 à partir de la consommation moyenne au km. Lorsque cette consommation n’était pas indiquée nous avons utilisé la valeur moyenne de 6L/100 km. Pour intégrer les émissions liées à la fabrication des véhicules, nous avons utilisé la base ADEME.

• La consommation d’un système de visio conférence a fait l’objet de mesures directes à l’aide d’un wattmètre (150 Wh).

• Le facteur d’impact retenu pour la consommation d’électricité en France est celui de la base ecoinvent, soit 0,119 kg CO2e/kwh consommé.

• Les données pour la fabrication (+ transport) des équipements informatiques terminaux (portable ordinateur fixe et écrans) sont issus de la base DELL . Nous avons utilisé des moyennes par catégorie d’équipement chaque fois que l’équipement utilisé n’était pas présent dans cette base.

PC PORTABLE 200 kg CO2e
PC FIXE 300 kg CO2e
ECRAN 350 kg CO2e

Méthodologie

Allocation

Nous avons appliqué le pourcentage de temps de travail pour EcoInfo aux données suivantes :

  • Fabrication ramenée à l’année d’utilisation
  • usage de l’équipement informatique
  • trajets domicile-travail

Nous avons utilisé les valeurs brutes (100%) pour :

  • Les déplacements en mission
  • L’utilisation de la visio-conférence


Calcul des émissions de GES liées à l’usage des équipements informatiques

Compte tenu de l’impossibilité de calculer le coût complet de la consommation électrique de l’usage des équipements terminaux à cause des consommations réseaux et serveurs, nous considérons que la fabrication des seuls équipements terminaux représente globalement entre 20 et 45 % de l’ensemble des impacts sur le plan énergétique et donc en émissions de gaz à effet de serre sur tout le cycle de vie des équipements . Nous considèrerons l’estimation suivante : pour chaque kg eq CO2 de fabrication d’un équipement électronique terminal, nous ajoutons 2,5 kg eq CO2 d’utilisation (essentiellement des GES émis par des équipements situés hors du territoire français), soit environ une répartition de environ 30% pour la fabrication / 70% pour l’utilisation. Cette hypothèse est évidemment très discutable et donne probablement un poids trop important à l’usage compte tenu du type d’utilisation du numérique dans notre contexte. Mais l’idée ici est d’obtenir un ordre de grandeur et non des valeurs réelles.

Résultats

Nous affichons les résultats en considérant deux modes de calcul :

1 – Prise en compte des phases de fabrication chaque fois que cela était possible (équipements informatiques terminaux et véhicules)
2 – Aucune prise en compte des phases de fabrication

En tenant compte de la part de fabrication des véhicules (voiture, moto) et équipements terminaux

CatégorieGES (kg CO2e)
A/R domicile-travail
1449
Visio-conférence depuis des équipements
spécifiques
16

Equipements terminaux (ordinateurs, écrans,
portables) des membres de EcoInfo :
fabrication + transport
238
Informatique : consommation électrique715
Trains, véhicules, bus, …681
Avion2942
TOTAL6042

Sans aucune prise en compte de la phase de fabrication

CatégorieGES (kg CO2e)
A/R domicile-travail
821
Visio-conférence depuis des équipements
spécifiques
16
Informatique : consommation électrique715
Trains, véhicules, bus, …444
Avion2942
TOTAL4939

Conclusion

A noter que ces conclusions doivent être prises avec précaution, compte tenu des incertitudes sur les facteurs d’impact.

Que les phases de fabrication soient prises en compte ou non, il apparaît très clairement que, en 2018, l’essentiel des émissions de GES de EcoInfo était dû aux vols aériens et aux trajets domicile-travail.

  • Concernant les vols aériens, ceux ci ont été utilisés lorsque les temps de trajet étaient supérieurs à 8h, dans le cadre d’agendas serrés et essentiellement dans le cadre du service d’audit de datacentre, de l’expertise matinfo puis très rarement de présentations. Nous allons adopter une nouvelle politique incitative pour réduire ces GES : formation de plus d’intervenants et choix d’intervenants locaux, limitation des déplacements en avion dans le cadre des expertises et préférence donnée aux trajets en train.
  • Concernant les trajets domicile-travail, c’est un effort personnel que chacun s’est déjà engagé à faire.

Nous évaluerons les résultats de cette politique sur les émissions de GES en 2019 !

Pour plus d’informations : contact@ecoinfo.cnrs.fr