26 novembre 2018 – Conférence “L’obsolescence dans tous les sens”

A l’heure où la sobriété s’invite dans les débats médiatiques, voire politiques nous vous proposons de passer quelques heures sur le thème de l’obsolescence dans le monde du numérique : sociologue, philosophe, ingénieurs, association, avocat, consultants, viendront poser leur regard sur ce qui fut, à une époque pas si reculée, un moteur pour la croissance économique mis en avant et promus par les industriels.

Quand, ou, comment ?

  • En présentiel à Grenoble (c’est évidemment le mieux) ou en direct sur internet (puis en différé), sur le campus de l’université Grenoble Alpes, dans le bâtiment IMAG (plan d’accès)
  • Le lundi 26 novembre de 9h à 17h30
  • Accès uniquement sur inscription (sauf pour les internautes) : cf ci dessous

Pour qui ?

Chercheurs, étudiants, citoyens du monde : en résumé, tous publics

Programme prévisionnel quasi définitif

9h – 9h15 : Introduction 

9h15 – 9h45 : “Le conflit des valeurs dans la production sociale de l’obsolescence” (Michelle Dobré, sociologue)

  • Bio : Michelle Dobré est professeur de sociologie et chercheur à l’Université de Caen Normandie, et dans le laboratoire le Cerrev (Centre d’Etudes et Recherches sur les Risques et les vulnérabilités). Elle poursuit actuellement des travaux la consommation écologique et la frugalité, les expériences d’autonomie et de communauté, les usages et les normes de relation à autrui et au monde matériel avec la diffusion des technologies de l’information et communication à distance. Livre “Face cachée du numérique” avec F. Flipo et M. Michot.
  • Résumé : L’obsolescence, à savoir l’usure prématurée de la valeur d’usage des objets et leur rotation accélérée, est un vecteur complexe de la modernité. L’obsolescence n’est pas seulement un effet pervers de notre système productif – elle est tout autant un résultat des usages. Pourtant les rapports aux objets, y compris les TIC, se structurent de la même manière que les rapports au temps, comme il ressort de nos terrains d’enquête (TERESA, MODERATO). La rotation accélérée des objets, comme l’accélération du temps, entrent en conflit avec l’aspiration à la durée qui est une dimension essentielle de la vie sociale. Comment concilie-t-on les tensions et les contradictions entre les valeurs et les usages ? Comment fait-on dans la pratique pour retenir les objets ?

9h45 – 10h15 : “Sobriété et lutte contre l’obsolescence des biens : une impérative nécessité pour l’humanité ?” (Alain Geldron, ADEME)

  • Bio : Alain GELDRON est Expert National Matières Premières à l’ADEME. Ingénieur de l’Ecole Supérieure de l’Energie et des Matériaux (Polytech Orléans), Docteur en Ressources Naturelles Minérales de l’Université d’Orléans. Il participe depuis 30 ans à la politique française principalement de gestion des déchets (responsabilité élargie de producteurs, recyclage, premier plan de prévention des déchets) mais aussi de qualité de l’air et de maitrise de l’énergie. Depuis 2013, il développe la prise en compte des problématiques sur les matières premières, notamment minérales, au sein de l’ADEME. Il participe, comme référent, au pilotage et à l’animation de la mise en œuvre du concept d’économie circulaire au travers de conférences, de formations, d’études et de définitions de politiques d’action.
  • Résumé : Les ressources planétaires ne sont pas infinies et par ailleurs leur exploitation génère de multiples impacts croissants. Face à une consommation croissante de la population mondiale les ressources doivent être de plus en plus partagées alors que le recours au recyclage ne pourra être suffisant. Certains métaux, indispensables aux technologies modernes, sont peu accessibles et susceptibles de générer des conflits pour le moins économiques. Il devient incontournable de changer de modèle de société tant en termes de production que de consommation pour aller vers des produits à obsolescence limitée et une consommation empreinte de sobriété.

10h15 – 11h : “Les causes (politiques) profondes de l’obsolescence accélérée”  (Fabrice Flipo, philosophe)

  • Bio : Fabrice Flipo est philosophe, enseignant à Mines-Télécom Business School et chercheur au Laboratoire de Changement Social et Politique Paris 7 Diderot. Il est notamment l’auteur de La face cachée du numérique (L’Echappée, 2013).
  • Résumé : l’obsolescence est le produit d’un jeu d’acteurs, principalement de grandes entreprises, des distributeurs, des associations, des consommateurs et des autorités publiques, qui sont pris dans différents récits, différentes historicités qui s’influencent les unes les autres. L’intervention dressera ce paysage d’acteurs et s’interrogera sur les responsabilités des uns et des autres.

11h – 11h30 : pause


11h30 – 12h15 : Les octets : premier levier d’obsolescence du matériel ? (Frederic Bordage, consultant)

  • Bio : expert indépendant, Frédéric s’appuie sur une démarche de sobriété numérique (heureuse) et sur l’écoconception pour réduire les impacts environnementaux des services numériques tout en créant de la valeur.
  • Résumé : Au travers d’exemples concrets, nous mettrons en évidence le rôle clé des logiciels dans le déclenchement de l’obsolescence des matériels (mais aussi de sa prévention). Nous listerons les différents mécanismes et présenterons quelques pistes de progrès.

12h15 – 13h15 : pause buffet


13h15 – 13h55 :L’action citoyenne au service de l’obsolescence déprogrammer (Laetitia Vasseur, présidente HOP)

  • Bio : Diplômée de deux masters de droit et sciences politique de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Laetitia Vasseur a exercé comme collaboratrice parlementaire, consultante et conférencière. Auteur de l’ouvrage Du jetable au durable, en finir avec l’obsolescence programmée (éditions Gallimard, Alternatives), ses travaux portent notamment sur l’allongement de la durée de vie des produits, l’économie circulaire et collaborative. En 2015, elle fonde l’association Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP), dont elle devient la Déléguée Générale en 2016.
  • Résumé : Présentation des outils et moyens à disposition des citoyens pour faire bouger les lignes sur l’obsolescence programmée, en faveur d’un mode de production et consommation plus durable et soutenable.

13h55 – 14h35 : Les dispositifs légaux de lutte contre l’obsolescence (Emile Meunier, Avocat)

  • Bio : Avocat au barreau de Paris, Emile Meunier a démarré sa carrière en 2009 dans un cabinet d’avocats d’affaires. Il a ensuite travaillé à l’Assemblée nationale comme collaborateur d’un élu écologiste. En 2017, il a ouvert un cabinet spécialisé dans le conseil en politiques publiques environnementales. Il accompagne les entreprises, collectivités et associations actrices de la transition écologiques dans leurs rapports aux pouvoirs publics.
  • Résumé : Après un récapitulatif de la législation française en vigueur pour lutter contre le phénomène d’obsolescence programmée et un état des lieux des législations européennes, Emile Meunier abordera les mesures qui pourraient être prises par les pouvoirs publics afin de prolonger la durée de vie des produits, cela en tenant compte des contraintes économiques des entreprises et de la concurrence internationale.

14h35 – 15h00 : Cycle de vie et gestion de parc : une politique de laboratoire (Pierre Barthélémy, responsable informatique)

  • Bio : Ingénieur de recherches au CNRS à l’Institut de Mathématiques de Luminy (UMR 7373 CNRS et Université d’Aix-Marseille), s’intéresse à la sécurité des systèmes d’information en général et à la cryptographie en particulier.
  • Résumé : la politique d’achats informatiques d’un laboratoire doit prendre en compte toute la durée du cycle de vie, en incluant une politique de jouvence et une réponse dans le cas des matériels en fin d’exploitation, soit en leur donnant une deuxième vie, soit en les traitant en tant que DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques).

15h00 – 15h20 : pause


15h20 – 15h50 :Cycle de vie et gestion de parc : une politique d’université (Michel Court et Alain Berthon)

  • Bio : Michel Court et Alain Berthon sont directeurs des campus Marseille-Centre et Timone d’Aix-Marseille Université. Ils pilotent notamment le parc et les infrastructures locales à ces campus, dans une démarche citoyenne et respectueuse de l’environnement.
  • Résumé :Après la fusion des 3 universités d’Aix-Marseille, la DOSI a engagé une démarche de rationalisation de ses parc gérés. La question du Développement durable a été entérinée par la Gouvernance avec la création d’une direction dédiée à ces questions. La DOSI s’est immédiatement impliquée dans cette démarche, notamment par des actions sur la gestion de parc.

15h50 – 16h15 : “Éléments et exemples d’obsolescence programmée sur nos ordinateurs : une expérience issue d’un atelier de réparation ” (Etienne Maliverney)

  • Bio : Etienne Maliverney est encadrant technique au sein de l’atelier technique DEEE de solidura Ulisse.
  • Résumé : Le 21ème siècle a placé l’informatique au centre de tous nos usages. En tant que produit technologique de grande consommation, elle reste rarement maitrisée et difficile à dépanner. Cette relation de dépendance permet plusieurs formes d’obsolescence programmée, dont nous verrons quelques exemples, au niveau matériel comme logiciel.

16h15 – 17h : Obsolescence à programmer ? (Alexandre Monnin, Philosophe ; Diego Landivar, économiste et Gauthier Roussilhe, designer)

  • Bio :
    Alexandre Monnin est philosophe, directeur de la recherche d’Origens Medialab, enseignant-chercheur à l’ESC Clermont et membre du GDS ecoinfo. Ses travaux l’on conduit à s’intéresser de très près au numérique et à l’Anthropocène, réinscrivant le premier dans l’horizon du second. Il a récemment contribué au rapport Lean ICT du Shift Project. Il préside également l’association Adrastia. Il est à l’origine du projet Closing Worlds avec Diego Landivar.
    Diego Landivar est économiste et anthropologue, co-fondateur et directeur d’Origens Medialab, enseignant-chercheur à l’ESC Clermont. Il est à l’origine du projet Closing Worlds avec Alexandre Monnin.
    Gauthier Roussilhe est designer, réalisateur et étudiant à l’université Goldsmiths à Londres. Il a co-dirigé un studio de design pendant 5 ans avant de se consacrer à la recherche par le design.
    Son sujet de recherche principal est l’étude des vecteurs dans les pratiques de conception (design) qui peuvent amener de mondes supposés illimités vers une Terre aux ressources et à l’énergie limitée.

     

  • Résumé : L’obsolescence programmée (OP), en tant que problème publique constitué, repose sur deux assomptions fondamentales. D’une part, l’idée selon laquelle les grandes entreprises accusées de recourir à ce procédé seraient en capacité de le faire. D’autre part, l’idée, largement ininterrogée, selon laquelle il serait essentiel d’accroître, autant que faire se peut, la durée de vie des artefacts sujets à l’OP. Ces deux présupposés ne vont pourtant nullement de soi, s’agit-il en effet de faire durer le plus possible nos dispositifs ou de les faire atterrir, considérant qu’ils sont profondément inadaptés à la période actuelle et résultent d’un développement qui a vu naître des futurs obsolètes dont nous devons cependant hériter. Comment changer de rapport à nos artefacts tout en évitant les deux écueils que sont la réduction forcenée de leur durée de vie assortie de l’obligation de les remplacer, et l’ambition de les faire durer au maximum, dans une optique purement gestionnaire de la ressource. Nous proposons deux pistes pour renverser la conception usuelle de l’OP : du côté du design tout d’abord, du côté du droit ensuite.

17h – 17h30 : conclusion

 

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