Conf EcoInfo “Vous avez dit sobriété (numérique) ?” – Mardi 26 novembre 2019

Il est maintenant clair que notre modèle de consommation ne survivra pas aux changements à venir pour réduire nos émissions de Gaz à Effet de Serre et autres impacts environnementaux ! Il s’agit peut être de penser sobriété, mais quelle sobriété ? Nous vous invitons à exposer vos idées, écouter des experts, partager vos questionnements autour de designer, philosophe, sociologues, ingénieur, personnes engagées, neurobiologiste … Il y aura des temps d’échange, de production d’idées animés par des professionnels, des exposés, un repas végétarien à partager, des temps pour les questions, des temps pour l’analyse, des temps pour les actions.

Quand ? ou ?

  • Mardi 26 Novembre 2019
  • Bâtiment IMAG, Grenoble (campus de Saint Martin d’Hères)
  • Les interventions seront diffusées en direct sur le web (lien à venir depuis cette page) et vous aurez la possibilité de poser des questions.

Pour qui ? Combien ça coûte ? Comment s’inscrire ?

  • Cette conférence est ouverte à tous les publics : le monde de la recherche, le secteur privé, la société civile, les associations .. enfin tout le monde, sauf les enfants et dans la limite des places disponibles.
  • Cela coûte votre engagement à participer activement, dans le respect de la parole de chacun.
  • Pour celles et ceux qui seront sur place L’inscription est gratuite mais obligatoire : cliquez ici
  • Pour celles et ceux qui suivront à distance : pas d’inscription !

Programme prévisionnel

8h30 – 9h : accueil thé/café

Matinée (9h-13h) : constats, définitions, analyse

9h – 9h10 : introduction

9h10 – 9h30 : “Sobriété numérique : frugalité, minimalisme, (s)low tech… De quoi parlons-nous ?, Nathan Ben Kemoun et Isabelle Dabadie

Résumé : Pour cerner les enjeux de la « sobriété », il convient au préalable de définir le concept en le distinguant ou en le rapprochant d’autres concepts existants mais aussi en le situant dans une histoire française et anglo-saxonne de l’écologie politique. Nous verrons alors comment cette notion s’impose à notre actualité, sous quelle forme et dans quelle perspective un usage profitable pourra en être fait dans différents champs d’expertise et d’innovation, et notamment dans le domaine du numérique

9h30 – 10h15 : “Consommation ou sobriété : comment notre cerveau nous permet de choisir ? “, Sylvie Granon

Résumé : Au cours de cet exposé nous verrons comment les connaissances actuelles sur le fonctionnement cérébral et la prise de décision permettent d’expliquer comment se font les choix, leur diversité et ce qui les module. Notamment, nous discuterons l’interface entre les processus de motivation et d’émotion ainsi que l’influence des facteurs sociaux.

10h15 – 11h : Temps d’échange, animé par Christophe Hérault

Résumé : Des ateliers pour partager nos points de vues et nos questionnements

11h – 11h30 ==== Pause ====

11h30 – 12h10 : “Les usages énergivores du design numérique”, Gauthier Roussilhe

Résumé : Le design numérique, c’est-à-dire, la conception de produits et de services reposant sur l’infrastructures numérique (datacenter, réseaux, terminaux) n’a que très rarement posé la question de l’énergie. De ce fait les usages du numérique (captation des données, apprentissage, vidéo) se sont construits autour d’une énergie abondante. Cette intervention situera l’insoutenabilité du design numérique à travers différents cas d’usage et proposer des nouvelles méthodes de conception numérique à basse énergie (low-tech numérique).

12h10 – 13h : “Pourquoi la sobriété est nécessaire, et les obstacles à sa mise en œuvre “, Pierre-Yves Longaretti

La notion de sobriété renvoie à une distinction implicite entre désirs et besoins, la distinction entre les deux relevant de la notion de limite et de la recherche d’un « bonheur authentique ». Mais cette approche est ambiguë ou du moins incomplète : autant la question des besoins naturels (par exemple physiologiques) parait simple, autant celle des besoins artificiels (par exemples culturels) parait plus délicate. Sur quelle base en effet distinguer entre besoins légitimes et illégitimes ? Qui décide ? L’existence de limites environnementales semble fournir un élément d’appréciation, mais est-ce le seul ?

Par ailleurs, l’économie moderne joue sur la mécanique du désir pour créer sans cesse de nouveaux « besoins ». Ce mécanisme est entretenu via deux processus voisins, relevant d’une dynamique compétitive entre individus : la consommation ostentatoire et la consommation mimétique. D’autres dynamiques compétitives s’opposent à l’émergence d’une société sobre : les compétitions économiques entre grandes entreprises industrielles, bancaires et financières, et les compétitions géopolitiques entre Etats. Ces trois dynamiques compétitives ne sont par ailleurs pas indépendantes.

L’exposé développera brièvement ces différents points et cherchera à fournir des pistes de réflexion sur les obstacles et les leviers à l’émergence d’une société sobre.

13h – 14h Pause Déjeuner (sur place)

Après-midi (14h-17h) : échanges, actions

Temps d’échange, animé par Christophe Hérault

Résumé : Des ateliers pour rechercher ensemble des solutions

Témoignages : “Vivre sobrement aujourd’hui, ça veut dire quoi ? : Dialogue avec les Julie”, Julie Bonnet et Julie Orgelet

Résumé : Comment vivre sobrement dans le monde de l’obsolescence matérielle et sociale, de l’hyperconnectivité ? Faire le choix de se poser cette question à l’heure actuelle, c’est repenser toutes les sphères de sa vie quotidienne : achat, consommation, éducation, communication… C’est prendre le temps des choix, des réparations, des rencontres et des visites mais c’est aussi se déconnecter de la machine pour se reconnecter à l’homme.

“Comment créer de la valeur dans une logique de sobriété ? entre théorie marketing et réalités de l’entreprise”, Isabelle Dabadie / Marc Vautier

Résumé : Peut-on créer de la valeur durablement tout en s’inscrivant dans une logique de sobriété ? De quelle manière communiquer autour d’une promesse de sobriété ? Est-ce risqué ? Comment identifier et lever les freins au changement au sein d’un secteur très concurrentiel, dans lequel les stratégies marketing sont traditionnellement fondées sur la promesse du “toujours plus” (plus de débit, plus de pixels, plus de stockage…) ? En s’inspirant d’exemples issus de différents secteurs d’activité, nous esquisserons des pistes pour un marketing de la sobriété numérique.

“Une fois les enjeux environnementaux (bien) posés, que faire du numérique ? Quelques pistes de réflexion pour faire émerger de nouveaux leviers.  “,  Alexandre Monnin

Résumé : Une fois le constat de non-durabilité du numérique établi, que faire ? Nous proposerons quelques pistes à partir du concept d’un concept que nous avons développé, celui de “communs négatifs”, et de travaux en design. Ceci de manière à imaginer de nouveaux leviers pour redéfinir des politiques alternatives en matières de numérique.

Conclusion en atelier “Pour ne pas repartir les mains vides”

Qui sont-ils ?

Nathan Ben Kemoun est doctorant en Sciences de Gestion à l’université Paris-Dauphine. Il questionne les pratiques et techniques de sobriété matérielle auprès de résidents urbains.

Julie Bonnet Après avoir obtenue un doctorat en biologie de l’Université Grenoble Alpes, elle a décidé de sortir des sentiers battus pour acquérir une vision systémique des enjeux actuels et s’investir dans des actions concrètes (Cafés Collapsologie Grenoble, design de permaculture du Campus de la Transition, projet de laboratoire de la transition). Son objectif actuel: tisser des liens et travailler entre recherche scientifique et acteurs de terrain (citoyens, associations, élus,…) afin de co-construire des projets locaux de recherche-action participative visant la construction de résilience et l’adaptation à l’échelle territoriale.

Isabelle Dabadie est Maître de Conférences en Sciences de Gestion à l’Université Paris II Panthéon-Assas et membre du Laboratoire de recherche en sciences de gestion Panthéon-Assas (LARGEPA). Ses travaux de recherche portent sur les nouveaux comportements de consommation et l’innovation sociétale. Diplômée de IMT-BS et titulaire d’un M.A. in Telecommunications de Michigan State University, elle a également exercé comme responsable marketing et responsable éco-conception dans le secteur des télécoms.

Christophe Herault

Christophe Hérault est coach professionnel et formateur en management. Il accompagne les organisations et entreprises de services dans leurs transformations. Il les aide à faire évoluer leurs pratiques managériales pour libérer les énergies et pour développer la confiance et la coopération.

Sylvie Granon est professeur de Neuroscience à l’université Paris-Saclay. Titulaire d’une thèse de Neuroscience à Marseille et d’un postdoctorat à Cambridge, elle a exercé son métier de chercheur à l’Institut Pasteur pendant 10 ans avant d’établir son équipe de recherche (“Neurobiologie de la prise de décision”) à l’université Paris sud en 2008, au sein de l’Institut des neurosciences Paris-Saclay. Sa recherche vise à comprendre, chez la souris, le rat ou l’homme, les mécanismes comportementaux, neurobiologiques et neurochimiques par lesquels le cerveau permet des décisions adaptées.

Alexandre Monnin

Alexandre Monnin est Directeur Scientifique d’Origens Media Lab, Enseignant-Chercheur en école de management (ESC Clermont) et Président de l’association Adrastia. Docteur en philosophie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sa thèse a porté sur la philosophie du Web. En 2016, a il fondé le Community Group « Web We Can Afford » au sein du W3C. Il est également membre du réseau d’experts de la mission Etalab sous la responsabilité du premier ministre (depuis 2013), du GDS EcoInfo et du GDR “Internet & Société” du CNRS (depuis 2018). Il a enfin contribué à la rédaction du rapport intitulé “Pour une sobriété numérique” publié par le Shift Projet dans le cadre du groupe de travail “Lean ICT” (2017-2018). Il a récemment édité un numéro de la revue Multitudes intitulé “Est-il trop tard pour l”effondrement ?”.

Pierre-Yves Longaretti

Pierre-Yves Longaretti est astrophysicien théoricien au CNRS. Depuis le milieu des années 2000, il s’intéresse également aux problématiques sociétales et environnementales globales et locales. Dans cette perspective, il a co-fondé avec Emmanuel Prados l’équipe STEEP (Soutenabilité, Territoires, Environnement, Economie et Politiques locales) du centre INRIA de Grenoble. Son activité de recherche dans ces domaines porte plus précisément sur les risques d’effondrement globaux sur les impacts de l’activité humaine sur les écosystèmes et les services qu’ils apportent à la société.

Julie Orgelet

Julie ORGELET est consultante indépendants. Elle accompagne les entreprises et les collectifs dans leur démarche d’écoconception de produit et service numérique et anime des ateliers de sensibilisation aux particuliers et professionnels. Sa motivation principale : faire prendre conscience à tout.e.s de l’ampleur des défis que nous devons relever et les faire passer à l’action. Evaluation environnementale (ACV, bilan carbone), Ecoconception, Economie circulaire et sobriété sont autant de voies qu’elle fait explorer à ces clients, partenaires et fournisseurs depuis une douzaine d’année.

Gauthier Roussilhe

Gauthier Roussilhe est un designer et chercheur qui travaillent sur les questions des modes de vie soutenable, du low-tech numérique et de l’histoire économique du design.

Marc Vautier

Marc Vautier est impliqué dans le développement durable et l’éco-conception au sein d’Orange depuis plus de 12 ans, d’abord dans différentes activités de R&D puis au sein d’entités marketing afin de réduire l’impact environnemental des produits et services d’Orange. Aujourd’hui au sein de l’entité Technologie & Globale Innovation, Marc est en charge de la Communauté d’Experts Orange en Energie & Environnement qui regroupe plus de 60 personnes de différents pays Orange, ayant des compétences en énergies renouvelables, énergie, efficacité énergétique, ACV, éco-conception de produits et services, gestion des déchets, DEEE, EMF/EMC, ACV.