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2. bien choisir un système de visioconférence

Introduction

Vous avez été convaincu par l’argumentaire présenté, et vous voulez vous lancer dans la visioconférence mais vous ne savez pas vraiment comment faire un choix.

Ce document se propose de vous présenter de façon très simple, comment vous y prendre pour démarrer tout en investissant de façon pérenne, sans prétention à l’exhaustivité sur le sujet bien sûr.

Quelques mots sur les solutions de visioconférences du marché

On distinguera tout d’abord deux familles de solutions de visioconférence :

  • la première, vous la connaissez sans doute dans votre sphère personnelle, il s’agit de la visioconférence basée sur une interface Web. On citera en exemple des solutions comme Skype, Microsoft LiveMeeting ou Yahoo Messenger

-** les plus : gratuité, indépendance, protocole Web (pas de problème de firewall !)
-** les moins : qualité limitée, difficulté à maîtriser le poste de travail => pas vraiment de garantie que « ça marche »

  • la seconde s’appuie sur un protocole IP spécifique : H323, issu du monde des télécommunications ; son ancêtre (toujours en vie !), H320 utilisait des liaisons numériques classiques comme le RNIS ou des abonnements à des liaisons spécialisées. Les deux mondes peuvent d’ailleurs cohabiter via une passerelle

-** les plus : qualité supérieure, simplicité de mise en œuvre, fiabilité
-** les moins : coûts, gestion du protocole H323 dans les réseaux

Pour un usage professionnel, destiné à des utilisateurs pas forcément (ou forcément pas) experts de l’utilisation avancé d’un poste de travail, c’est très clairement cette deuxième famille que nous considérerons. Ceci est d’autant plus vrai que la visioconférence est importante, citons en exemples des réunions de VIPs ou un jury de thèse …

Nous reviendrons dans un autre article sur la première solution qui peut adresser des utilisateurs « avertis » et rendre bien des services.

Quelle architecture pour une solution de visioconférence « H323 » ?

Une visioconférence, c’est échanger de l’image et du son entre 2 ou plus participants. On imagine donc bien que chaque participant doit disposer d’un micro et d’un casque (ou de hauts parleurs), ainsi que d’un écran et d’une caméra.

C’est l’équipement H323 qui réunira ces éléments. Nous donnerons ci après quelques exemples de solutions basées sur des constructeurs leaders du marché.

Un « participant » s’entend comme un lieu de connexion, cela peut être un individu dans son bureau ou une salle de réunion équipée dans laquelle plusieurs personnes sont réunies. Les équipements seront adaptés à chaque cas.

Il faut maintenant distinguer deux cas fondamentalement différents :

  • une visioconférence à 2 participants, et dans ce cas là il suffit qu’un des deux équipements appelle l’autre (comme au téléphone) ; la solution la plus basique étant avec son @IP
  • une visioconférence à plus de deux participants, dans ce cas vous aurez besoin d’accéder à un équipement qui gèrera les flux entre tous les participants : on appelle ça un « pont de visioconférence » dans lequel vous réserverez une « salle virtuelle » de visioconférence

Cette fonctionnalité de « pont de visioconférence » peut être soit embarquée dans un équipement H323, soit fournie par un équipement spécialisé placé sur le réseau. C’est cette deuxième solution qui est privilégiée dans notre communauté avec le pont hébergé au CC-IN2P3 cité précédemment. Cela permet de mutualiser les coûts et de s’affranchir des difficultés de gestion.

Juste un petit bémol : si vous êtes dans le cas très spécifique d’une communauté d’utilisateurs identifiés (et pas trop nombreux) travaillant très souvent entre eux, acheter un équipement H323 avec une option « pont » peut être justifié.

Dans tous les cas, il vous faudra quand même vous préoccuper du réseau qui véhiculera votre visioconférence; deux points importants :

  • une visioconférence consomme un minimum de bande passante, sans entrer dans les détails (nous y reviendrons plus tard) des modes SD (simple définition) et HD (haute définition), comptez un minimum de 512kb/s à 1Mb/s.
  • le protocole H323 est un peu compliqué et demande l’ouverture de ports particuliers dans les équipements de routage/sécurité. Il est indispensable de contacter son ASR (Administrateur Système et Réseaux) favori.

Des exemples concrets de clients H323

Il existe de nombreux constructeurs de clients de visioconférence : Polycom, Tandberg, LifeZize, Aethra … Polycom et Tandberg (racheté par Cisco) se disputent régulièrement la position de N°1. Ces équipements sont bien entendu compatibles entre eux ; notons quand même que, comme pour les PCs, la gestion d’un parc homogène est plus simple que celle d’un parc hétérogène.

Nous postulerons dans ce qui suit que l’utilisateur-acheteur de l’équipement a bien contacté son ASR qui a affecté une @IP à l’équipement et géré la question du routage.

Cas N°1 : poste « individuel »

Il s’agit là d’un équipement placé dans un bureau, utilisé par un individu seul, à la limite par une ou deux personnes (expérience vécue).

Classiquement, on trouvera des matériels plus ou moins intégrés, leur utilisation est très simple : une prise de courant, une connexion réseau et c’est parti.

Ces équipements regroupent en un seul dispositif :
– Un micro
– Des hauts parleurs
– Le système d’annulation d’écho
– Un écran plus ou moins grand, classiquement de 17 à 20 pouces
– Une caméra

Deux exemples d’équipements :

|VSX3000.jpg|1700MXP.jpg|
|Polycom VSX3000|Tandberg 1700MXP|

Cas N°2 : équipement de salle

Il s’agit là d’un équipement placé dans une salle de réunion. On ne considérera ici que de petites-moyennes salles de réunion pouvant recevoir une bonne dizaine de personnes. Il est bien entendu possible d’équiper des salles plus grandes, mais chaque chose en son temps.

L’équipement est alors plus modulaire :

  • micro de table, voire plusieurs micros
  • écran de grande taille (42 pouces ou plus), ou vidéoprojecteur
  • deuxième écran pour du partage de document (on y reviendra)
  • caméra motorisée avec zoom optique

Deux exemples d’équipements :

|HDX7000.jpg|Profile_42.jpg|
|Polycom HDX7000|Tandberg (Cisco) Profile 42 pouces|

Pour quel prix me direz vous ?

Il s’agira ici d’un ordre de grandeur, les prix peuvent varier beaucoup en fonction des procédures d’achat mises en place. Je me suis basé sur les prix obtenus par l’Inra dans le cadre d’un appel d’offres.

Équipement individuel :

  • achat : 2000 à 3500€ selon le modèle et les définitions choisies
  • maintenance 3 ans retour atelier : 1000€ à 1500€

Équipement de salle (avec écran) :

  • achat : 5000 à 6000€ selon le modèle et les définitions choisies
  • maintenance 3 ans sur site : 1400 à 2000€

Ces prix peuvent paraître élevés, et ils le sont !
Nous avons à l’Inra tenté de calculer le temps nécessaire pour le « ROI ». Il est de l’ordre de 18 mois uniquement en économies sur les déplacements.
Autre exemple, au CRHEA, l’équipement choisi (HDX7000 acheté sans écran car utilisé avec un vidéoprojecteur existant) a été amorti en 7 mois uniquement grâce à l’économie réalisée sur les frais de missions. En outre, ce sont 97 journées de déplacement qui ont été évitées lors de la 1ère année d’utilisation.

Article rédigé en janvier 2011 par Robert Ferret

Révision : Eric Drezet