Les aspects sociaux

L’exposition à la silice dans toutes les activités industrielles, depuis l’extraction des sables et graviers jusqu’aux produits finaux, peut être extrêmement nocive pour la santé. De nombreuses études sur le sujet ont été menées et ont prouvé que l’inhalation de poussières de silice cristalline provoque la silicose qui est une fibrose pulmonaire irréversible [[Contrôle de la concentration en silice cristalline dans l’atmosphère des lieux de travail, INRS, 1998]]. Cette pathologie, responsable de nombreux décès depuis très longtemps, fait l’objet d’une reconnaissance au titre des maladies professionnelles depuis 1945. De plus, en 1997, la silice cristalline de source professionnelle inhalée sous forme de quartz ou de cristobalite a été classée cancérigène pour l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). D’autres maladies plus rares, comme la maladie de Wegener peuvent se déclarer quand l’inhalation de poussières de silice cristalline se conjugue avec une prédisposition génétique [[Maladie de Wegener après exposition à la silice: Étude des mécanismes physiopathologiques, Philippe Moulin and Marie-Pascale Lehucher-Michel, La Presse Médicale,Volume 33, Issue 19, Part 1, November 2004, Pages 1349-1351]].
La dangerosité de cette exposition réside dans le fait que les poussières nocives de silice sont de taille microscopique et donc parfaitement invisibles à l’œil nu. L’air ambiant peut paraître sain et se révéler chargé de ces particules. De plus, les pathologies se déclarent le plus souvent de manière tardive, bien après l’exposition aux risques. Ces deux facteurs démontrent que l’absence de pollution visible et de maladies déclarées dans le personnel actif ne signifie aucunement l’absence de risque.
Les travaux industriels susceptibles d’exposer à l’inhalation de poussières de silice cristalline ont été listés [[]]. Parmi ceux-ci on peu noter dans le but poursuivi par cette étude :

– l’extraction, le broyage, le concassage, le criblage
– ponçage, perçage et découpe de matériaux contenant de la silice

Parmi les secteurs répertoriés comme grands utilisateurs de silice cristalline (et donc à surveiller particulièrement) se trouve bien entendu l’industrie électronique.
Comme nous l’avons vu dans la partie consacrée à la production, la Chine est le principal producteur de silicium. Une étude montre que les contraintes chinoises en matière de protection des travailleurs à l’égard des produits toxiques sont très en deçà de celles imposées dans les pays occidentaux [[The development and regulation of occupational exposure limits in China, Youxin Liang et al., Regulatory Toxicology and Pharmacology, Volume 46, Issue 2, November 2006, Pages 107-113]] et ce, pour trois raisons principales :

– les gouvernements locaux, les industriels et les ouvriers n’ont pas pris la mesure des risques pour la santé encourus
– le rôle des structures syndicales est loin d’avoir suivi l’évolution connue par l’économie chinoise
– l’arrivée massive de fermiers peu considérés dans ces industries n’incite pas les industriels à améliorer les conditions de sécurité du travail.

Pour finir, les industries de petite échelle implantée dans des zones rurales subissent moins de contrôles de la part des autorités en matière de sécurité et de santé des travailleurs.

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