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Production des terres rares

Page mise à jour en Juin 2014

Avec 118700 tonnes de minerai extrait en 2005 (sur une production mondiale annuelle totale de 130000 tonnes), la Chine détient les plus abondantes ressources de terres rares de la planète [[Rare Earth : Production, Trade and Demand Feng HONG, Journal of Iron and Steel Research, International Volume 13, Supplement 1, 2006, Pages 33-38]]. La production chinoise a démarré progressivement entre les années 1980 et 1990. En exportant à des prix très faibles, les chinois ont éliminé toute concurrence occidentale : leur monopole s’est peu à peu installé. De plus, les contraintes environnementales imposées dans les pays occidentaux ont conduit d’importants sites à fermer devant les impacts constatés aux abords des sites (Mountain Pass – USA).
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L’application majeure qui tire l’industrie des terres rares vers un développement de plus en plus rapide, est l’industrie des aimants NdFeB (aimants permanents en terres rares en Néodyme, Fer et Bore – Nd2Fe14B). Ces aimants développent une puissance énergétique jusqu’à 10 fois supérieure aux matériaux magnétiques traditionnels et sont conseillés pour des applications aux températures de fonctionnement entre 80 et 220 degrés Celsius.

Les principales utilisations des aimants NdFeB sont les actionneurs de tête de lecture pour les disques durs, les haut-parleurs, les moteurs à courant continu, les moteurs asynchrones, les accouplements magnétiques, les capteurs (ABS), les moteurs d’entraînement de disques durs, les moteurs pas à pas [[Magnétisme : Matériaux et applications, Etienne Du Tremolet De Lacheisserie – Laboratoire Louis Néel – Grenoble]].

Les principaux éléments de terres rares extraits en Chine en 2005 : le lanthane (La), le cérium (Ce), le praséodyme (Pr), le néodyme (Nd), le samarium (Sm), l’europium (Eu), le terbium (Tb), le dysprosium (Dy) et l’yttrium (Y). Il est à noter que l’extraction de minerai du site de Baotou décroit depuis 2002 à cause de problèmes de pollution liés à cette activité. A l’inverse, l’accroissement de la production de terres rares chinoises est tirée par les sites du sud des provinces de Jiangxi et de Sichuang [[]].
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La Chine a commencé à réduire ses exportations de terres rares depuis quelques années (de manière significative en 2009) dans le but d’imposer l’implantation d’usines exploitant ces minerais sur son sol pour en tirer économiquement la valorisation (source www.metal-pages.com). Une autre raison serait de regrouper les producteurs pour mieux contrôler les effets polluants sur l’environnement, ce qui devrait conduire à la fermeture de petites exploitations artisanales les plus polluantes et réduire la production. Mais dans le même temps, sa demande intérieure, qui atteint déjà 60% de la demande mondiale, croît de 20% par an et sa production, pour des prétextes environnementaux, va diminuer, ce qui va encore réduire les exportations et ainsi tendre le marché des terres rares. Pour contourner cette décision réduisant les exportations, le marché noir s’installe afin de répondre à une demande mondiale croissante. Des mines illégales alimentent ce marché noir, au mépris des conditions de travail et de l’environnement (pollution sols, des eaux). Les industries étrangères à la Chine commencent à pâtir de cette situation, alors que celles ayant accepté de s’installer sur le sol chinois (la décision d’Apple de fabriquer les Ipods, Iphones et autres Ipads en Chine n’est certainement pas un hasard) bénéficient de l’accès à ses mines (source Novethic). De même, la Chine est devenue en 2010 le premier fabriquant de panneaux solaires et de turbines éoliennes au monde, deux industries grosses consommatrices de ces éléments.

Les réflexions de l’Europe

La dépendance des industries high-tech européennes aux terres rares incite la France et l’Europe à engager une réflexion sur la reprise de l’exploitation sur leur sol [La réflexion progresse sur l’exploitation de terres rares en Europe]. La Commission Européenne a mandaté un groupe d’expertise sur les métaux rares [ERECON : European Rare Earth Competency Network] dans le but de définir une politique assurant l’approvisionnement de l’Europe en métaux rares. 3 groupes de réflexion se penchent respectivement sur :

  • l’exploitation des terres rares en Europe
  • le recyclage des terres rares dans l’UE
  • les pistes alternatives à la raréfaction des métaux rares

Il ne faudra cependant pas oublier que l’extraction et le traitement des terres rares sont des activités extrêmement polluantes et nocives pour la santé (voir l’article suivant). C’est précisément une des raisons qui avaient poussé les pays occidentaux à abandonner ces activités aux chinois.

Suite de l’article : quels impacts ?