Distribution des ressources de terres rares sur la planète [2]

Où les trouve-t-on ?

Dominée à plus de 95% par la Chine, la production de terres rares va devenir un enjeu stratégique dans les TICs comme dans les technologies vertes. La Chine détient les plus importantes ressources mondiales de terres rares, elle en est le plus gros producteur mais également le premier consommateur [[Rare Earth : Production, Trade and Demand, Feng HONG, Journal of Iron and Steel Research, International Volume 13, Supplement 1, 2006, Pages 33-38]].
Distribution des ressources de terres rares sur la planète [2]

En 2003, la production mondiale des terres rares repose essentiellement sur la Chine, l’Inde, la Communauté des États indépendants (11 des 15 anciennes républiques soviétiques), la Malaisie, et le Sri Lanka. Les autres pays producteurs sont les USA, l’Australie, le Canada, l’Afrique du sud, le Brésil, et quelques autres [[<2>]].

Bayan Obo – Chine

Les principaux sites de ressources en terres rares sont situés en Chine : Bayan Obo, 135 km au nord-ouest de Baotou (le plus important au monde), la province de Shandong et la province de Jiangxi. En ce qui concerne Bayan Obo, les réserves en oxydes de terres rares sont estimées à au moins 48 millions de tonnes [[L.J. Drew, Q. Meng, W. Sun, Lithos 26 (1990) 42–65) of Rare Earths’04 in Nara, Japan, Proceedings of Rare Earths’04]]. Les réserves totales chinoises d’oxydes de terres rares ont été récemment estimées à 89 millions de tonnes [[J.B. Hedrick, Mineral Commodity Summaries, January 2004, U. S. Geological Survey (2004) 132–133]].

Le site de Bayan Obo - Chine (source: Google Maps)

Mountain Pass – USA

Le second site mondial de ressources en terres rares est le site de Mountain Pass aux Etat Unis, situé près de la frontière entre la Californie et le Nevada. Les réserves confirmées d’oxydes de terres rares se montent approximativement à 28 millions de tonnes [[<2>]].

Le site de Mountain Pass - USA (source : Google Maps)

Le site de Mountain Pass – USA (source : Google Maps)

Toutefois, la production minière a chuté à 5000 tonnes avant une fermeture en 2002 pour des raisons environnementales liées à l’usage de solvants pour extraire les terres rares. Après une complète réhabilitation et une mise aux normes environnementales actuelles, sa réouverture est annoncée en Août 2012 [[Source : www.usinenouvelle.comMolycorp lance son concentrateur de terres rares – 28/08/2012]].

Mount Weld – Australie

Le troisième site à noter est le site de Mount Weld en Australie dont les réserves estimées en minerai s’élèveraient à 917000 tonnes [[<2>]] avec la Bastnaésite comme principal minéral. La compagnie Lynas, qui détient un gisement sur ce site, va pouvoir développer ce projet minier grâce à un contrat d’approvisionnement à long terme avec Rhodia. Pour des raisons environnementales, cette entreprise a également dû arrêter l’extraction de terres rares à partir de monazite (associé aux sables de plage titanifères) sur son site de La Rochelle [[Source : Actu-Environnement, 02/06/10]]. La reprise de l’exploitation a été annoncée officiellement en Aôut 2011[[Source : Australian mininghttp://www.miningaustralia.com.au/n… – 5/08/2011]].
L’Australie est prête à reprendre l’extraction des terres rares, mais pas à supporter le coût environnemental de leur rafinage qu’elle préfère délocaliser. En septembre 2012, la société Lynas a obtenu le droit d’ouvrir son usine de traitement de terres rares de Kuantan, dans l’Etat de Pahang en Malaisie pour une période de 2 ans[Source : Terres rares en Malaisie : le feu vert est donné à Lynas – 6/09/2012]. Gageons que la Malaisie ne connaitra pas les mêmes effets néfastes du traitement des terres rares que lors de sa précédente expérience avec Mitsubishi dans les années 90 (voir dans notre article sur les impacts du traitement des terres rares, le paragraphe “Production de déchets radioactifs”).

Gisements de sables – Australie

Des sables de minéraux lourds contenant des terres rares sont largement présents sur les côtes australiennes [[<2>]]. Ils sont classés en trois catégories, tant au point de vue géographique que minéralogique :

  • côte est : gisements de rutile (minerai de titane), zircon (minerai de zirconium et de hafnium) et d’ilménite (oxyde minéral de fer et de titane)
  • côte sud-ouest : gisements d’ilménite
  • côte ouest : gisements d’ilménite, zircon et rutile (région d’Eneabba)

Ces sables renferment de la monazite et de la xénotime.

Les argiles latéritiques d’ion-adsorption – Chine

Les sites d’argiles d’ion-adsorption (surtout la kaolinite) sont largement répandus dans le sud de la Chine [[<2>]], en particulier dans la région de Nanling. Les éléments de terres rares sont présents dans les granites de cette zone. Le climat tropical chaud et humide de cette région favorise la désagrégation chimique et biologique de ces granites en argiles latéritiques dans lesquelles les éléments de terres rares ont été adsorbés (ion adsoption ore). Les teneurs en oxydes d’éléments de terres rares de ces gisements sont très faibles (entre 0.05 et 0.2%), par contre l’extraction et le traitement sont faciles.

Les oxydes de terres rares sont aisément produits par traitement à l’acide et les éléments radioactifs sont très peu présents. Mais cette “facilité” d’exploitation et de traitement a son revers : un impact environnemental global important dans cette vaste région du fait de la multiplication des sites d’extraction (voir Quels impacts ?).

Hoidas Lake – Canada

Ce site, qui est le projet minier de terres rares le plus avancé du Canada, renferme des veines d’Apatite et d’Allanite. Il renferme également des éléments lourds de terres rares comme le dysprosium utilisé dans la fabrication de voitures hybrides. Un avantage non négligeable de ce minerai est l’absence de radioactivité ce qui rend ses déchets moins nocifs pour l’environnement et la santé des personnes.

Suite de l’article : combien on en produit ?