Filière “informelle”

Traitement des DEEE dans les “circuits informels” ou partiellement dans
des usines de mauvaise qualité

En dépit de la convention de Bâle, les pays riches exportent une quantité inconnue de déchets vers les pays pauvres. Par ailleurs, la quantité de déchets électroniques générés par les pays en développement (Inde, Chine, Amérique du sud) sont en forte progression (+200 à 400% d’ici 2020). Même si ces pays limitent de plus en plus les importations de déchets, ils seront très rapidement confrontés à des volumes énormes et à la necessité de transformer le modèle économique qui fait vivre actuellement des villes entières au travers de techniques informelles et fortement polluantes. Ces pays se dotent depuis quelques années d’infrastructures adaptées au traitement de ces déchets mais elles sont encore largement insuffisantes et surtout ne répondent pas à la problématique économique sous jacente.

La pauvreté et l’absence d’éducation de ces populations sont les principaux facteurs du développement de ces pratiques ! Les solutions ne sont donc pas seulement techniques ou basées sur une taxation des producteurs ..

Cette population utilise en effet des techniques de brûlage et de dissolution dans des acides puissants sans mesure de protection pour la santé humaine et l’environnement.

inside_burn_houses1.jpgCes pratiques provoquent des contaminations localisées mais aussi distantes à cause de la migration des substances dangereuses dans les eaux et via la chaine alimentaire. Les travailleurs souffrent de problèmes de santé à cause des contacts de la peau avec les substances dangereuses ou de leur inhalation alors que la population plus lointaine est exposée aux substances à cause des fumées, de la poussière, de l’eau potable contaminée et de la nourriture contaminée via les sols. La présence de contaminants issus des déchets électroniques dans certains produits agricoles ou produits fabriqués a été prouvé.

Les substances toxiques libérés eu cours de procédés de très mauvaise qualité apparaissent dans différents type d’émission :

    • des écoulements au sein des dépôts de déchets
    • des particules plus ou moins fines issues des activités de démantèlement
    • des cendres issues des activités de brûlage
    • des vapeurs de mercure issues des opérations de dessoudage et de brûlage
    • les eaux usées issues des activités de démantèlement et de déchiquetage
    • des effluents issue des techniques de lessivage au cyanure et autres techniques de lessivage

emissions-DEEE-petit

De nombreuses études récentes et publiées dans les dernières années ont démontré clairement la relation de cause à effet entre les niveaux de pollution et les émissions liées aux activités « informelles » de recyclage. 80% des enfants de Guyu souffrent de maladies respiratoires et ils sont particulièrement vulnérables à l’empoisonnement par le plomb.

Impact des installations de mauvaise qualité sur les systèmes aquatiques

Des concentrations importantes de Pb, Cr, Li, Mo, Sb et Se ont été relevés dans les environs de la rivère Lianjiang (site de Guiyu), PCB et PBDEs s’accumulent dans la chaine alimentaire, on les retrouvent à des concentrations anormalement élevées dans les poissons des eaux passant à proximité des sites pollués.

Impact des installations de mauvaise qualité sur l’air

Des échantillons d’air prélevés près du site de Guiyu montraient déjà en 2008 des niveaux de dioxines énormes (de 50 à 2765 pg/m3), le plus haut niveau de dioxine atmosphérique jamais observé. Les pollutions au PBDEs sont énormes également. Des particules de PAHs, Pb, Cr, Cu et Zn ont aussi été observées à des concentrations alarmantes.

Impact des installations de mauvaise qualité sur sols et environnements terrestres

Les sols agricoles à proximité des sites de « recyclage » ont révélé des taux importants de PBDEs, PCBs et PAHs. Des études ont montré que les PBDEs s’accumulent dans les plantes, et même si le coefficient de bio-accumulation est relativement faible (<0,01), ces contaminants entrent ainsi dans la chaine alimentaire. A Bangalore (capitale de l’État du Karnataka, Inde), où un site de recyclage « informel » coexiste avec un site contrôlé, les taux de Cd, In, Sn, Sb, Hg, Pb et Bi sont cent fois plus élevés dans le sol du site « informel » par rapport au sol du site contrôlé. Dans l’est de la Chine (Taizhou), des analyses réalisées sur du riz et du poulet ont révélés des taux de Pbb, Cd, PBDEs qui pourraient conduire à des problèmes de santé humaine !

De plus il a été démontré que ces polluants réduisent le taux de germination du riz et provoquent des mutations génétiques.

body-burden-pdf.pdfDes taux élevés de PBBs, PBDEs, PCBs, Pb, Cd ont été analysés dans les tissus humains des habitants à proximité des sites. Les effets sur la santé sont nombreux et observés sur ces sites (risques ci-contre, clliquez sur l’image pour télécharger le pdf)

Et pour boucler la
boucle …

Enfin, ces contaminants risquent bien de nous revenir par l’intermédiaire de biens importés par les pays riches (bijoux, jouets contenant des retardateurs de flamme bromés), voire des denrées alimentaires en provenance de Chine ..

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