Récupération des métaux

Est ce que la récupération des métaux constitue réellement un bénéfice environnemental aujourd’hui  ? dans quelles conditions ?

Les produits électroniques modernes peuvent contenir jusqu’à 60 éléments différents (au sens des éléments de la table de mendeleiev) et ce sont précisément les produits qui sont les plus demandeurs de métaux précieux !

Élements contenus dans un téléphone mobile (umicore)

Au niveau mondial, 80% de l’indium est destiné aux produits électroniques (LCD), plus de 80% du ruthenium est utilisé dans les disques durs.  Certains de ces métaux sont essentiels pour les technologies liées aux énergies renouvelables : selenium, tellurium, indium, platinum et ruthenium. Pour certains de ces métaux (indium, ruthenium, bismut, étain), le marché des produits électroniques a été moteur dans l’augmentation des prix de ces matières premières.

Constats, conditions

    • Les substances toxiques et nocives sont généralement concentrées dans les circuits électroniques
    • la valeur récupérable des déchets électroniques est fortement corrélée au cours des métaux
    • le mélange de différentes catégories de DEEE au cours des processus de collecte et les pré-processus de traitement peut avoir des répercutions négatives sur les rendements de recyclage
    • la législation (RoHS) impacte la composition des matériaux (et donc les équipements nécessaires au recyclage) (par exemple, la restriction de l’usage du plomb a provoqué une augmentation des l’utilisation de l’étain, du cuivre, du bismuth et de l’argent dans les soudures)
    • la miniaturisation et les progress techniques génèrent des changements dans la composition des matériaux. Il y a une tendance à une diminution de la quantité en valeur absolue du poids des métaux précieux dans les nouveaux modèles, mais leur quantité relative et leur diversité sont plutôt en augmentation.
    • les nouveaux produits ou les nouvelles générations de produits introduisent des ruptures technologiques dans les processus de recyclage (ex CRT LCD)

Les impacts négatifs liés au recyclage optimisé (récupération de métaux)

    • Les emissions de CO2 générés par l’incinération des plastiques sont équivalentes à celles économisés par la récupération des métaux (K.I. Takahashi & al)
    • Compte tenu du faible nombre d’usines, les déchets doivent parcourir une grande distance pour y être traité ! ce qui en réduit considérablement les bénéfices écologiques et en tout cas créerait des transferts de pollution ou d’impact environnemental (Barba-Gutierrez Y. & al.)

Technologies mises en oeuvre

Les métaux de valeur peuvent être récupérés par des processus métallurgiques
divers (pyro, hydro ou bio). Les process pyro-métallurgiques incluent l’incinération de l’ensemble et l’extraction par fusion des métaux cibles.
Les process hydro-métallurgiques comprennent la dissolution puis la récupération des métaux cibles grâce à des acides, cyanide, halides, thiourea et thiosulphate.

L’efficacité de ces méthodes dépend des investissements technologiques avec des risques tres importants d’émission de composants dangereux dans l’environnement dans des installations de mauvaise qualité.
Dans les pays riches, les technologies bio-organiques permettent de récupérer certains métaux tres spécifiques à faible cout : Or, plomb et cuivre par exemple. De fait, bien que les industriels à la pointe du progrès sur les technologies d’extraction et de raffinage les métaux puisse extraire jusqu’à 95% des métaux précieux et du cuivre et un bon niveau des métaux non ferreux, le taux global de récupération des métaux précieux ne dépasse jamais 50% à cause de l’inefficacité d’autres étapes du recyclage. Le cas des téléphones mobiles est particulièrement emblématique, avec un taux de recyclage qui ne dépassait pas 1% en 2008 ! et qui ne dépassait pas 20% en 2012.

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